olivier godechot

9 Juin 2016 | "Pour avoir une greffe de rein mieux vaut être diplômé", AFP & Le Parisien

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-sante/pour-avoir-une-greffe-de-rein-mieux-vaut-etre-diplome-09-06-2016-5867525.php

Reprise dans :

http://future.arte.tv/fr/content/pour-avoir-une-greffe-de-rein-mieux-vaut-etre-diplome

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1518/Sante/article/detail/2728928/2016/06/09/Pour-avoir-une-greffe-de-rein-mieux-vaut-etre-diplome.dhtml?utm_medium=rss&utm_content=7sur7beinfosportetshowbiz24/247/7plusde350mises%C3%A0jourquotidiennes

http://information.tv5monde.com/en-continu/pour-avoir-une-greffe-de-rein-mieux-vaut-etre-diplome-111974

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_en-france-il-vaut-mieux-etre-diplome-pour-obtenir-une-greffe-de-rein?id=9320673

Pour avoir une greffe de rein mieux vaut être diplômé
09 Juin 2016, 06h38 | MAJ : 09 Juin 2016, 06h38

Pour les patients atteints de maladie rénale, la greffe favorise davantage le maintien d?une activité professionnelle que la dialyse
Pour les patients atteints de maladie rénale, la greffe favorise davantage le maintien d?une activité professionnelle que la dialyse (AFP/JEFF PACHOUD)
Les patients atteints de maladies rénales les moins diplômés ont moins facilement accès à la greffe de rein, alors qu'il s'agit du traitement le plus efficace et le moins cher pour l'assurance maladie, selon une nouvelle étude.
Ainsi paradoxalement, "ce ne sont pas les plus riches qui coûtent le plus cher au système de santé, mais les plus pauvres", plus souvent dirigés vers un traitement par dialyses, plus onéreuses que la greffe, relève Christian Baudelot de l'Ecole normale supérieure (Paris) à l'initiative de ce travail d'analyse sur ces disparités sociales.

Mais ils "restent malgré tout moins bien soignés", note le sociologue avec ses co-auteurs - dont Olivier Godechot de Sciences Po et Yvanie Caillé de l'association de patients Renaloo - de l'article paru dans Population, la revue de l?Institut national des études démographiques (Ined).
"On est dans une situation idéale où le meilleur traitement, la greffe, est le moins cher. Il faut en profiter pour la développer" plaide-t-il.
La greffe est non seulement le meilleur traitement de l?insuffisance rénale terminale (stade où les reins ne fonctionnent plus) pour les patients qui peuvent en bénéficier, mais elle améliore l'espérance de vie et la qualité de vie par rapport à la dialyse, souligne Renaloo.
La greffe favorise aussi davantage le maintien d?une activité professionnelle que la dialyse (3 séances de plusieurs heures par semaine), quel que soit le niveau de diplôme.
La Cour des Comptes soulignait en 2015 que les prises en charge les plus économes et répondant le mieux aux besoins des patients (dialyse à domicile et greffe) sont insuffisamment développées, au bénéfice de traitements onéreux (dialyse en centres). Elle a par conséquent préconisé de rééquilibrer le financement en faveur de la prévention et de la greffe.
- 'économies importantes' -
Face à la pénurie d'organes, le don d'un rein par un proche (famille ou amis) s'est développé, mais là aussi ce sont les plus éduqués qui en bénéficient le plus souvent. Les patients ayant fréquenté le lycée ou l'université ont près de deux fois plus de chances d'en bénéficier que ceux qui n'ont pas dépassé le niveau collège.
Le constat de ces inégalités d'accès aux traitements est étayé par deux enquêtes, celle des Etats Généraux du rein de 2012 auprès de 8.613 patients et celle Quavi-Rein 2011 concernant près de 3.000 patients suivis dans 21 régions d'un réseau épidémiologique.
72% des diplômés de niveau master obtiennent une greffe, soit près de quatre fois plus que ceux qui ont n'ont qu'un niveau d'étude primaire (sans diplôme), selon l'enquête Quavi-Rein.
"Contre-indications et différences de pathologies rénales (maladies génétiques, complications de diabète et d'hypertension artérielle...) influent pour partie sur l'accès à la greffe, mais sans justifier toutes les inégalités observées", dit Olivier Godechot.
"Même en tenant compte des différences de maladie des insuffisants rénaux et d'âge, les diplômés du supérieur continuent à avoir près de deux fois plus de chances d'accéder à la greffe que ceux qui n'ont qu'un niveau d'étude primaire", ajoute-t-il.
L'essentiel de ce différentiel se forme lors des interactions entre médecins et patients qui conduisent ou non à être inscrit en liste d'attente de greffe, selon lui. "Une fois inscrit sur liste d'attente les différences sociales disparaissent", précise-t-il.
Entre 2 et 3 millions de personnes sont concernées en France à des degrés divers par les maladies rénales invisibles et silencieuses. 75.000 sont traitées pour insuffisance rénale terminale (55% dialysées et 45% transplantées).
Le coût annuel de l'ensemble des patients (dialysés et greffés) s'élève à 4 milliards d'euros par an (Md?), selon une étude publiée en 2010 de l'Assurance maladie basée sur 71.000 patients.
Les pays qui privilégient la greffe par rapport à la dialyse ont une meilleure qualité de prise en charge des patients, tout en générant des économies de santé importantes, relève Yvanie Caillé.
"Par exemple, en Norvège, 70% des patients sont greffés et seulement 30% dialysés. Si ce rapport était atteint en France, le coût global des 71.000 patients en insuffisance rénale terminale tomberait de 4 à 2,3 Md?" explique-t-elle.



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