olivier godechot

18 Février 2010 | RMC, « Bonus des traders : la BNP "bon élève" ? »

Il y a une petite coupe dans mes propos, ce qui rend l'enchainement un peu bizarre, si on le lit vite. Je parlais successivement de deux choses différentes, d'une part des mesures prises au G20 en termes de gestion des risques, et d'autre part des attentes de l'opinion.

Bonus des traders : la BNP «bon élève» ?

La rédaction, avec Thomas Chupin - RMC.fr, le 18/02/2010
Finie la crise, à en croire les chiffres annoncés par les banques françaises sur l'année 2009. En tête, la BNP Paribas qui double ses bénéfices et distribue des bonus «modérés» à ses traders.

« La BNP est bon élève et j'espère que l'ensemble des banques françaises vont suivre le même exemple pour qu'il y ait un peu de rigueur », a déclaré la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Pourtant, à première vue, certains chiffres annoncés par la banque sur l'année 2009 peuvent surprendre, voire choquer. Plus de 5,8 milliards d'euros de bénéfices, dont 500 millions distribués à ses 4000 traders, soit un bonus moyen de 125 000 euros par agent ! Une autre enveloppe de 500 millions d'euros seraient en outre débloquée l'an prochain si les résultats continuent à être aussi bons.

« Le taux le plus bas au monde »

Pour la direction de la banque, ces bonus restent très « modérés ». Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas, précise, chiffre à l'appui : « Nous appliquons strictement les nouvelles règles du G20. A titre de comparaison, ça représente 5,5% des revenus des activités de marché ; dans l'ancien système, avant cette modération, c'était 17%. Et les comparaisons montrent que BNP Paribas est la banque de financement et de marché qui a le taux le plus bas au monde en matière de rémunérations variables pour ces activités. »

Bénéfices doublés mais bonus taxés...

Les banques françaises ont-elles vraiment changé ? Elles tentent en tous cas de le prouver. Et si malgré les mesures prises lors de ce G20, la BNP distribue encore des bonus, c'est parce que ces mesures n'interdisent pas ce genre de rémunération, mais les encadrent simplement. La BNP a donc en effet scrupuleusement respecté ces nouvelles règles. Taxés maintenant à hauteur de 50%, ces bonus lui coûteront 250 millions d'euros.
Autre règle : il faut faire des bénéfices pour distribuer des bonus. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est le cas pour la BNP. Avec 5,832 milliards d'euros en 2009, la banque a doublé ces bénéfices par rapport à 2008. Comment ? Grâce aux énormes liquidités circulant sur les marchés, notamment grâce aux plans de relance des Etats du monde entier.

« Il aurait fallu prendre des mesures plus ambitieuses »

A en croire Olivier Godechot, chercheur au CNRS, spécialiste des modes de rémunérations dans l'industrie financière, finalement ces mesures prises lors du G20 ne servent pas à grand chose : « Si on croît que les mesures du G20 étaient censées en finir avec les bonus, on a fait une erreur d'interprétation. Le premier objectif, important aux yeux de l'opinion publique, c'était de lutter contre les inégalités qui pouvaient paraître scandaleuses. La plupart des Etats se sont coordonnés à minima. Pour limiter les inégalités, il aurait fallu prendre des mesures plus ambitieuses et avec un degré de coordination beaucoup plus élevé. L'encadrement est assez léger, donc les banques n'ont jamais été vraiment gênées pour rémunérer leurs salariés comme elles l'entendaient. En quelque sorte, la crise n'a pas duré assez longtemps pour que les Etats reprennent véritablement en mains leurs banques. »



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