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Les bonus, un héritage des banques anglo-saxonnes et des agents de change
La pratique des bonus s'est développée en France à la fin des années 80 sous l'influence des banques anglo-saxonnes mais elle est aussi étroitement liée au rachat par les banques des sociétés de Bourse où des rémunérations variables avaient déjà cours depuis longtemps. AFP - le 25 août 2009, 19h03 Les banques américaines ont instauré dès le début du vingtième siècle la tradition du "Christmas Bonus" mais les bonus n'ont pris leur essor à Wall Street que dans les années 1970-1980, à la faveur du démantèlement des "partnerships", notent les sociologues Olivier Godechot et Paul Lagneau-Ymonet Paul. Les salariés de ces derniers, dès lors qu'ils caressaient l'espoir d'être cooptés un jour partenaires et donc de toucher les profits de l'entreprise, étaient moins enclins à faire monter les enchères sur les rémunérations en proposant leurs services à d'autres entreprises financières. Mais la transformation des partnerships en sociétés par actions modifie les comportements et met fin à une certaine fidélité à l'entreprise, soulignent les deux sociologues dans un article publié aux Presses de l'université Paris Ouest. Une attitude nouvelle se fait jour à l'égard de la banque: "hit and run" ("prends l'oseille et tire-toi"). Les pratiques de Wall Street se sont diffusées en France par deux canaux. D'abord, de nombreux opérateurs envoyés sur les places financières étrangères, en particulier Londres et New York, y découvrent les niveaux de rémunération fixe et variable qui y ont cours, et ils exigent de les conserver une fois rentrés en France. Ensuite, dans les secteurs les plus innovants de la finance française (notamment les dérivés actions), les chasseurs de têtes, souvent anglo-saxons, proposent des rémunérations très élevées pour attirer cette fine fleur dans les établissements anglo-saxons. C'est aussi le rapprochement entre les sociétés de Bourse et les banques qui a favorisé l'expansion des bonus en France. En effet, alors que les salariés de banque était soumis à un régime salarial proche de la fonction publique, ceux des maisons de courtage bénéficiaient d'avantages salariaux inconnus en banque, comme la "remise" ou même le "compte spiel", un compte propre alloué à l'opérateur pour mener des opérations spéculatives. Après le rachat des sociétés de bourse, "les salariés des banques prennent le pouvoir et découvrent des pratiques de rémunération qu'ils réaménagent et réimportent dans les banques", indiquent les sociologues.
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