olivier godechot

4/7/2005 - Le figaro : Les nouveaux nababs de la finance

« Le métier de chef de salle de marché assure à quelques cadres de banque des revenus dignes des stars du ballon rond... »
Le métier de chef de salle de marché assure à quelques cadres de banque des revenus dignes des stars du ballon rond...

SALAIRES
Les nouveaux nababs de la finance


Anne-Sophie CATHALA
[04 juillet 2005]

Leurs salaires flirtent avec les sommets atteints par certaines vedettes du football ou du cinéma. Les working rich (travailleurs riches) ne sont pourtant ni des sportifs ni des stars. Ce nouveau genre de salariés, très rares, mais très bien rémunérés, et dont le nom apparaît comme le reflet inversé des bien plus nombreux working poor (travailleurs pauvres), se trouvent dans les banques. Mais pas dans n'importe quelles banques, trois grandes sont notamment pointées : la Société générale - où ils sont très visibles -, BNP-Paribas et le Crédit lyonnais.

Ensuite, on ne rencontre pas les working rich n'importe où dans lesdites banques, précise une récente étude sur le sujet, menée par un jeune chercheur du Centre d'études de l'emploi, Olivier Godechot, diplômé de l'Ecole normale supérieure et de l'Ensae (*) « En 25 ans, dans une banque, le montant des dix plus grosses rémunérations a été multiplié par 25, passant de 230 000 euros en moyenne en 1978 à près de 6 millions d'euros en 2001. Ces working rich, précise-t-il, sont loin d'être tous PDG ou DG. Ils sont surtout chefs de salle ou de desk, dans les salles de marché, surtout les salles de produits dérivés actions. »
Une petite élite, dont les membres ont souvent débuté, jeunes ingénieurs, comme traders ou vendeurs, manageant 4 ou 5 personnes à la fin des années 80, avant de se hisser, grâce à la croissance des marchés financiers au cours des années 90, et particulièrement des produits dérivés, à la tête de véritables banques dans les banques, avec 200 à 300 opérateurs à manager.

C'est en dépouillant à la loupe les bilans sociaux de trois grands établissements bancaires, qu'il a isolé ces working rich, ainsi qu'une tendance plus générale à de nouvelles inégalités salariales en France. Aux Etats-Unis, le phénomène sévissait déjà, détaille-t-il : « Le 1 % de salariés les mieux rémunérés y percevant en 2000,13 % de la masse salariale, contre 5 % au milieu des années 70. » Rien de tel en France, où les 10 % les mieux payés touchent 25 à 26 % de la masse salariale, tous secteurs confondus.
Toutefois, les banques tendraient à s'éloigner de cette inégalité salariale hexagonale modérée, estime Olivier Godechot, et semblent « sur la voie pour rattraper le niveau d'inégalité américain. Est-ce que la banque n'est pas un exemple annonciateur des inégalités croissantes parmi les cadres ? », s'interroge ce passionné de sociologie bancaire. Il songe à de nouvelles organisations « où certains salariés occupant des positions clés peuvent, par l'intermédiaire des rémunérations variables, capter l'essentiel des profits et obtenir des niveaux de salaire sans commune mesure avec ceux de leurs collaborateurs ».

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