olivier godechot

16/03/2006 - Le Nouvel Observateur, « Le hold up des financiers »

Le hold-up des financiers



Minicoup d'Etat, l'an dernier au Crédit suisse First Boston : face au chantage au départ des financiers vedettes, la banque a versé 40 millions de dollars pour les retenir ! Beau hold-up ! En fait, pour Olivier Godechot, chercheur au CNRS (1), les supersalariés de la finance ont réussi l'impensable. Récupérer à leur profit la valeur créée, en renversant le rapport patronsalarié, bref réaliser une révolution quasi marxiste ! L'enveloppe des bonus est calculée directement à la source sur le profit and loss (profits et pertes) de la salle de marché, c'est-à-dire tout l'argent ramassé, avant même que ne soient déduits les charges, les impôts, etc. Même si la formule reste jalousement secrète d'une banque à l'autre, on parle de 10% en moyenne, voire de 20% à 30% pour certains métiers stars. Bref, ce n'est qu'une fois que nos supersalariés se seront servis - et bien servis - que toutes les autres dépenses seront payées et que les actionnaires se répartiront les miettes. Une situation inédite dans le capitalisme : chez Goldman Sachs, l'enveloppe globale de bonus que se sont répartie les salariés a atteint 10,5 milliards d'euros (450 000 eu-ros par salarié). Deux fois plus que les 5,6 milliards d'euros de bénéfice net, et vingt fois plus que les dividendes distribués aux actionnaires !

(1) A lire sa passionnante étude, à paraître, au titre plus qu'évocateur : « la Finance, avant-garde du prolétariat ».

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