olivier godechot

30/6/2000 - Les Echos : « Un salarié sur dix s'estime bien payé »

SOCIAL Moins d'un salarié sur deux juge son travail normalement rémunéré, indique une étude de l'Insee. Hommes et femmes apprécient très différemment le « juste » niveau de leur salaire.
Les Echos
FRANCE, vendredi 30 juin 2000, p. 2

SOCIAL Moins d'un salarié sur deux juge son travail normalement rémunéré, indique une étude de l'Insee. Hommes et femmes apprécient très différemment le « juste » niveau de leur salaire.
Un salarié sur dix seulement s'estime « bien payé »

Pecresse Jean-Francis

A peine plus d'un salarié sur dix s'estime « bien payé », et quatre sur dix jugent leur rémunération anormalement basse. C'est ce que montre une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Sous le titre « Quand les salariés jugent leur salaire », l'Insee publie, dans sa revue « Economie et Statistique », une analyse plutôt originale dans la mesure où elle confronte la théorie salariale à la subjectivité individuelle. Le débat scientifique sur le fonctionnement du marché du travail « est, en partie, traversé par la question politique et morale de la justesse des parts qui reviennent à chacun », justifient les deux auteurs de l'étude, Olivier Godechot (Ecole normale supérieure) et Marc Gurgand (Centre d'études de l'emploi).

Les résultats sur lesquels s'appuie ce travail sont tirés de l'enquête permanente sur les conditions de vie des ménages. Interrogés sur l'appréciation de leur niveau de salaire par rapport au travail qu'ils fournissent, 11,2 % des hommes et 10,7 % des femmes s'estiment « plutôt bien » ou « très bien payés ». A l'opposé, 42,9 % des salariés et 41,3 % des salariés affirment être « plutôt mal » ou « très mal » rémunérés. Ainsi, moins d'un sur deux juge son salaire « normal » (45,9 % des hommes, 48 % des femmes). Le salaire attendu n'est pas le salaire espéré, résume l'Insee. Cet écart s'exprime, parfois, sous une forme assez violente : 84,2 % de ceux qui s'estiment « très mal payés » ont le sentiment d'être « exploités ». L'expression a une résonance éminemment politique, mais elle reflète, surtout, un niveau de rémunération très faible puisque les plus insatisfaits ne gagnent que 6.520 francs mensuels en moyenne pour les hommes, 5.458 francs pour les femmes.

« Très bien payés » à 14.531 francs

Plus le niveau de rémunération est élevé, plus les salariés le jugent normal. Mais ces niveaux sont différents entre hommes et femmes. Ainsi, en moyenne, les salariés se jugent très bien payés avec une rémunération de 14.531 francs mensuels, tandis que les salariées très satisfaites de leur sort ne gagnent, en moyenne, que 11.520 francs. « Une grande partie de la variation de la satisfaction salariale des femmes tient à leur place dans la hiérarchie socioprofessionnelle, comme si, en s'insérant dans une hiérarchie des salaires qu'elles trouvent exagérée, elles éprouvaient une forte surprise, positive ou négative », analyse l'Insee. A l'inverse, « les hommes ont peut-être, sur le marché du travail, un comportement plus économique , en ce sens que leurs attentes sont plus proches de celles que l'économie attend du marché, mais que le marché ne rémunère pas forcément », soulignent les auteurs de l'étude.

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