olivier godechot

12/07/2005 - Entreprise et carrières n°772/773 : « Rémunérations. Inégalités en hausse dans les banques », p 10

« Une nouvelle catégorie de salariés, les working rich, a émergé dans les grandes banques françaises, contribuant à une augmentation des inégalités salariales. »
Bref, une reprise fidèle du 4 pages.
RÉMUNÉRATIONS Inégalités en hausse dans les banques

Une nouvelle catégorie de salariés, les working rich, a émergé dans les grandes banques françaises, contribuant à une augmentation des inégalités salariales.


L'étude des bilans sociaux de trois grandes banques françaises BNP, Crédit Lyonnais, Société générale , sur vingt cinq ans, montre un accroissement important des inégalités salariales sur cette période, en rapport avec l'apparition de working rich. C'est le résultat d'une étude menée par deux chercheurs du Centre d'études de l'emploi, Olivier Godechot et Céline Fleury, qui vient de paraître (1). A la faveur de la libéralisation financière des années 1980, ces banques ont investi sur les nouvelles activités de marché, pratiquant dans ce domaine une politique de rémunération spécifique : « Salaires flexibles, en particulier, à la hausse; part très importante dans la rémunération totale des bonus ces primes annuelles en fonction des résultats; et faible degré de codification collective de l'évolution des rémunérations », indiquent les auteurs.

Nouvelles activités

Alors qu'au début des années 1980, les trois banques offraient aux dix salariés les mieux payés une rémunération de 230 000 euros (euros constants, valeur 2004) par an, en 2001, les dix salariés les mieux payés du Crédit Lyonnais ont reçu en moyenne, 1 million d'euros, ceux de la BNP près de 2 millions, et ceux la Société générale... 6 millions d'euros ! Qui sont ces working rich ? Des chefs de salle et des chefs de desk (équipe) des salles de marché et, plus particulièrement, des salles de marché de produits dérivés actions. Les auteurs constatent qu'à la Société générale, le Pdg et le DG «ne font probablement plus partie des dix plus grosses rémunérations, sachant qu'ils ont touché respectivement 3 millions et 1,5 million d'euros en 2001(sans compter, toutefois, les stock options et les attributions d'actions) ».

Décrochage des salaires

Pour les chercheurs, « l'accroissement des inégalités qui découle de ce gonflement des salaires de l'élite » ne se réduit pas seulement à l'augmentation des salaires de ces quelques personnes, mais « a des répercussions sur l'ensemble de la distribution des salaires ». En effet, entre 1978 et 1987, les 10% de salariés les mieux payés dans les trois banques touchaient 18 % à 20 % de la masse salariale, un taux d'inégalité identique à celui des agents de la fonction publique et inférieur au taux des salariés du privé (26%). Le décrochage se produit à partir de 1987, d'abord à la Société générale, puis, plus tardivement, à la BNP et au Lyonnais. En 2001, les 10% les mieux payés de la SG touchent 30% de la masse salariale, ceux de la BNP 26% et ceux du Lyonnais 22 %. La montée de ces inégalités peut elle perdurer? La politique de bonus exceptionnels commence à être remise en question, remarquent les auteurs, et, surtout, « la tolérance des salariés à l'égard des inégalités de salaire à l'intérieur de la même entreprise » a peut être des limites.

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